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Edito de l’Internationaliste 175 : Finissons-en avec la 5e République à l’agonie !

Déclaration du GSI UIT-QI suite au 1er tour

Paris, le 25 avril 2017

Le résultat du premier tour de l’élection présidentielle est un vote de rejet : des institutions, des partis traditionnels, des contre-réformes exigées par les capitalistes. C’est un vote insurrection qui représente un véritable tremblement de terre dans la situation politique française et qui est l’expression d’une très importante polarisation de la lutte des classes dans le pays.

La 5e République est mortellement touchée

Le principal enseignement de cette élection est que les institutions bonapartistes de la 5e République ont atteint un niveau de crise inédit. Les deux principaux partis sur lesquels repose la 5e République, qui ont mis en place toutes les contre-réformes exigées par le patronat depuis des dizaines d’années en appliquant les directives européennes, sont éliminés dès le premier tour.

À eux deux, ces partis représentent à peine plus de 25 % des suffrages exprimés et autour de 20 % des inscrits. C’est le chiffre le plus bas de l’histoire de la 5e République pour ces partis. La défaite est particulièrement cuisante pour le PS, qui est totalement marginalisé avec 6,4 % des exprimés et 4,8 des inscrits.

La crise de représentation de la bourgeoisie est particulièrement forte et se reflète d’une manière plus générale dans l’éclatement très importante de l’électorat. Même les deux qualifiés pour le deuxième tour obtiennent des scores particulièrement bas, les plus bas de l’histoire de la 5e république à l’exception des scores obtenus par J. Chirac en 1995 et 2002.

Macron représente 18 % des inscrits, M. Le Pen 16 % et y compris dans ces deux électorats, beaucoup d’électeurs ont voté par défaut. Autrement dit, le vainqueur de l’élection au soir du 7 mai aura une base sociale extrêmement réduite et après les élections, il aura les plus grandes difficultés à imposer les contre-réformes exigées par le grand patronat et les actionnaires.

Signalons également que beaucoup de travailleurs, notamment ceux qui se sont mobilisés contre la loi travail en 2016, et ceux qui continuent de se mobiliser au quotidien dans les très nombreuses grèves qui se déroulent dans tous le pays, se sont saisis, malgré toutes leurs réserves, de la candidature de la France Insoumise pour chercher une issue politique.

J.-L. Mélenchon progresse de 8 points par rapport à 2012 (ce qui représente 3 millions de voix supplémentaires pour un total de plus de 7 millions). Il arrive en tête dans des villes comme Marseille, Toulouse, Lille-Roubaix-Tourcoing, Montpellier, Grenoble, Le Havre, Saint-Etienne. Il est premier en Ariège, en Dordogne, et en Seine-Saint-Denis et arrive deuxième dans de nombreux départements et grandes villes. Il obtient des scores importants auprès des travailleurs et des jeunes.

L’abstention augmente par rapport à 2012 et 2007. Près de 10,5 millions d’électeurs ne se sont pas rendus aux bureaux de vote. En outre, à peine moins d’un million de personnes ont choisi le bulletin blanc ou nul. En tout, plus de 11,5 millions de personnes ont donc refusé de s’exprimer lors de ces élections ce qui constitue le deuxième chiffre le plus élevé de l’histoire de la 5e République, après 2002.

Dans les dernières colonies françaises, l’abstention est particulièrement élevée se situant entre 40 et 65%. En Guyane, qui sort d’une mobilisation historique et où les travailleurs et les jeunes ont contraint la métropole à lâcher sur une partie de leurs revendications, les abstentionnistes et les votes blancs représentent plus de 80% des inscrits. C’est une illustration supplémentaire de la crise de la 5e République et de l’impérialisme français.

L’abstention est particulièrement forte chez les ouvriers et les 18-25, qui ont été près de 30 % à se détourner des bureaux de votes. Il y a des pointes beaucoup plus importantes dans certains quartiers populaires. Ce mouvement d’abstention est lui aussi l’expression du rejet conscient des institutions de la 5e république, et de ses politiques anti-ouvrières et anti-démocratiques.

À ces chiffres élevés il ne faut pas oublier d’ajouter plus de 5 millions de non inscrits sur les listes électorales, ainsi que plusieurs millions de travailleurs qui n’ont pas le droit de vote.

Un aiguisement de la lutte des classes sans précédent

On ne peut comprendre un tel rejet massif de la 5e République, des directives européennes qu’en regardant l’aiguisement très profond de la lutte des classes dans ce pays. En 2016, malgré une répression inédite contre les militants syndicaux et l’état d’urgence, des millions de travailleurs ont mené un des plus longs conflits sociaux de l’histoire de la 5e République, contre la loi travail.

Dans un premier temps, cela a eu pour conséquence d’écarter de la course à la présidentielle les candidats plébiscités par la bourgeoisie. Ce rejet des partis institutionnels s’est poursuivi lors du premier tour du scrutin.

Depuis le début de l’année 2017, il y a en moyenne 150 grèves par jour ouvré. Sur tout le territoire, ce sont des milliers de travailleurs qui se mobilisent contre les politiques patronales et contre les politiques anti-démocratiques et anti-ouvrières du gouvernement.

Le « 1er tour social », auquel nous participons activement, initiative inédite à la veille d’un scrutin présidentiel, a réuni plusieurs milliers de travailleurs à Paris le 22 avril, pour rendre visible ces milliers de grèves et appeler à l’unification des luttes, pour la relaxe de tous les militants inculpés et au tous ensemble pour l’abrogation de la loi travail.

1er-tour

Pour une abstention ouvrière consciente et militante !

Le fait de voir M. Le Pen arriver au second tour de l’élection présidentielle, est l’occasion pour la bourgeoisie de rejouer la partition du « combat contre fascisme » déjà jouée en 2002. Mais les travailleurs ne se laisseront pas escroquer une deuxième fois.

Nous le disons clairement, on ne combat pas les dégâts du capitalisme, encore moins l’extrême droite fascisante, en votant pour un banquier d’affaire, à plus forte raison quand celui-ci est un ancien ministre de l’économie du gouvernement sortant qui a mené des contre-réformes brutales contre les travailleurs. Le front républicain est synonyme de collaboration de classe, de démoralisation et de démobilisation, c’est pourquoi nous le rejetons catégoriquement !

Si Macron est élu dans ce cadre, qui peut douter un seul instant qu’à l’instar de Chirac en 2002, il s’appuiera sur cette légitimité escroquée au moyen du « front républicain » ?

Nous, GSI-UITQI, appelons clairement et sans ambiguïté à une abstention ouvrière consciente et militante ! Il s’agit de défendre l’indépendance de classe des organisations du mouvement ouvrier, en particulier syndicales. Nous appelons toutes les organisations se revendiquant du mouvement ouvrier à faire de même.

Dans ce contexte, notre choix est de nous appuyer sur le mouvement profond de la lutte des classes et sur l’aspiration à l’unité de millions de travailleurs et de jeunes.

Aujourd’hui, il est possible et nécessaire d’unifier les luttes en cours pour avancer vers la grève générale, toutes les conditions sont réunies comme le montrent les centaines de grèves hebdomadaires qui se déroulent de manière isolée.

Cette grève générale, qui pourra briser définitivement les institutions pourries de la 5e République et ouvrir une véritable issue politique d’indépendance de classe en rupture avec les politiques anti-ouvrières en France et en Europe.

Pour la mobilisation permanente des travailleurs et des jeunes, contre la collaboration de classe,

vive l’ abstention militante !


Réunion publique du GSI-UIT,

le Mercredi 03/05 à 18h00 à l’université Paris 7

RDV devant le hall aux Farines

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