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Déclaration du GSI-UITQI à l’occasion du Premier mai 2017 : Même patron, même combat, les prolétaires n’ont pas de patrie !

Depuis près de 130 ans, le Premier mai est une journée de grève et de manifestation. Il trouve son origine dans la revendication de la journée de travail de 8 heures, à la fin du XIXe siècle.

En effet, le 1er mai 1886, les travailleurs des USA étaient appelés à la grève pour imposer cette revendication. Le 3 mai, alors qu’une grève importante est toujours en cours dans la région de Chicago, une bombe est jetée sur la police lors d’un meeting à Haymarket Square. Le gouverneur de l’état de l’Illinois reconnaîtra plus tard que c’était une provocation destinée à justifier la répression de la grève : quatre militants anarchistes sont pendus et un autre se suicide en prison.

Le procès et les exécutions provoquent un tollé dans le mouvement ouvrier à l’échelle du monde, aussi lors de son congrès de Paris en 1889, l’Internationale socialiste, la deuxième internationale – qui est alors une internationale révolutionnaire – décide de faire du 1er mai une journée internationale de grève et de manifestation pour la journée de 8 heures.

Dans les années 1920 à 40, les gouvernements capitalistes ont essayé de neutraliser cette journée en la transformant en fête, à l’exemple de la France où le sinistre maréchal Pétain en a fait un élément de son régime corporatiste basé sur l’association capital travail.

Le Premier mai n’est pas la fête du travail ! C’est un jour de mobilisation à la mémoire de ceux qui sont tombés dans ce combat ; c’est surtout un rendez-vous de l’internationalisme prolétarien car nombreux dans le monde sont les pays où la journée de travail dépasse encore aujourd’hui largement les 8 heures !

C’est le jour où se manifeste au grand jour l’exigence d’unité des rangs ouvriers et de combat contre le racisme institutionnel qui cherche à diviser : même patron, même combat, les prolétaires n’ont pas de patrie ! Par delà les frontières l’unité de la classe doit se manifester, quelle que soit la répression qui frappe de plus en plus de militants dans des pays de plus en plus nombreux.

Depuis longtemps, l’internationale socialiste comme ses partis ont trahi les travailleurs, du SPD allemand au Labour party britannique en passant par le PS français, ils considèrent désormais que le capitalisme sauvage est indépassable et qu’il faut le domestiquer un peu. C’est ce qu’ils appellent « l’économie sociale de marché » : ils sont devenus des partis bourgeois, tout simplement.

Les dirigeants des partis de l’ex-internationale communiste sont-ils bien éloignés des SPD, Labour party et PS sur cette question ? Poser la question, c’est y répondre. Car depuis la chute du Mur de Berlin en 1989, ceux qui n’ont pas disparu ou ne se sont pas ralliés à la même « internationale » que le PS cherchent eux à réformer le capitalisme pour le rendre plus « démocratique », plus « social ». Quelle imposture !

Peut-on s’étonner que, dirigeant les principales organisations syndicales, avec des membres du PS et au côté de ceux qui ont renié le trotskysme, comme le NPA, ensemble ils s’évertuent à faire en sorte que les mobilisations se noient ou se fourvoient dans des impasses acceptant, ouvertement ou non, que l’État cherche à transformer les syndicats en rouages des institutions, en « partenaires sociaux » ?

Les attaques contre l’indépendance syndicales viennent de l’appareil de l’État bourgeois, mais elles trouvent des relais jusque dans les sommets des organisation syndicales, à commencer par la CFDT.

La caricature de cette « orientation », c’est la soi-disant « confédération européenne des syndicats », la CES, qui co-rédige les directives européennes, en association avec le patronat européen et la commission de Bruxelles. Directives qui s’attaquent au droit du travail, à la protection sociale et élargissent la durée de la journée de travail jusqu’à 13 heures noyée dans une moyenne annualisée.

Le combat de 1886 est bien toujours d’actualité : temps partiel contraint, heures supplémentaires (rémunérées ou non, volontaires ou non), travail au noir, les temps de pause, d’habillage et de déshabillage compris ou non dans la durée de travail font qu’il y a loin de la durée légale de 35 heures par semaine à la durée effective de travail… La multiplication des auto-entrepreneurs, nouvelle forme d’esclavage, fait exploser la durée réelle de la journée de travail.

Alors, comment s’opposer à cette gigantesque régression sociale, « justifiée » par une soi-disant nécessité de « payer la dette », illégitime ou d’être « compétitifs » ? Comment s’opposer à cette course à la misère : travailler toujours plus pour gagner toujours moins, dans la précarité ?

La lutte efficace contre le chômage structurel qui s’est installé depuis près de 4 décennies exige de diminuer le temps de travail autant que nécessaire pour donner à tous un emploi et non pas une occupation ! Pas un RSA en contrepartie d’un travail gratuit et forcé, non ! Un emploi avec un salaire qui permette de vivre dignement.

Pour cela, il ne faut pas hésiter à s’en prendre à la propriété privée des moyens de production et d’échange : nationalisation sans indemnité ni rachat, sous contrôle ouvrier, des banques, assurances, organismes financiers et grandes entreprises industrielles, commerciales, agricoles et de transports !

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