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Brésil : Dehors Temer ! À bas les réformes ! Grève générale maintenant !

Par Miguel Lamas

Le Brésil subit une crise politique énorme depuis plus d’un an. Il y a eu d’énormes mobilisations populaires contre les plans d’ajustement et la corruption des partis du régime, il y a eu la destitution parlementaire de Dilma Rousseff, et il y a eu la grande grève générale le 28 avril dernier. Le président Michel Temer est maintenant dos au mur. En tant que vice-président de Dilma, Temer a assumé la présidence après l’« impeachment » dans un contexte d’un grand rejet, il a donc essayé d’accélérer l’ajustement. Il a aujourd’hui seulement 4 % de soutien de la population et apparaît dans des enregistrements audio où il garantit le paiement de pots-de-vin à son allié Eduardo Cunha, ex-président du Congrès condamné pour corruption.

La crise paraît interminable. Les trois principaux partis qui ont gouverné le Brésil ces dernières décennies, le PSDB (Parti de la social-démocratie brésilienne), le PMDB (Parti du mouvement démocratique brésilien) de centre-droit et le Parti des Travailleurs (PT) de centre-gauche, ont reçu des dessous de table des grands chefs d’entreprise afin d’être favorisés pour signer des contrats publics. La crise n’a pas éclaté à cause de l’existence de « juges incorruptibles » ou de chefs d’entreprise qui dénoncent les politiciens corrompus parce qu’ils se sont repentis et qu’ils se sont devenus « honnêtes », mais grâce aux grandes mobilisations populaires qui ont provoqué des ruptures dans le régime. C’est dans ce cadre que sont apparues les dénonciations et les contre-dénonciations qui ont démasqué le fonctionnement de la « démocratie » des capitalistes.

Le chef d’entreprise qui a enregistré Temer, avec un dictaphone dans sa poche, a lui aussi dit qu’il avait financé les campagnes du PT à hauteur de 150 millions de dollars.

Une des conséquences des mobilisations et des dénonciations, est que Temer n’arrive pas à faire approuver la contre-réforme du travail et des retraites, qui est un énorme plan d’ajustement contre les travailleurs. Il est maintenant sur le point d’être écarté de la présidence. Ces derniers jours des centaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues pour exiger : Dehors Temer !

Lula, qui a aussi été « favorisé » par la corruption, est déjà candidat pour les élections de 2018, et bien que le PT ait souffert de la perte d’une grande partie de sa base ouvrière, il aspire à gagner les élections avec le financement des chefs d’entreprise et le soutien de la bureaucratie syndicale de la CUT (Centrale unique des travailleurs). Le vieux centre-droit du PMDB et du PSDB n’a aucun candidat sérieux à présenter. Aécio Neves, le candidat qui a unifié la vieille droite lors des dernières élections, est aussi impliqué dans les affaires de corruption. C’est pourquoi les syndicats contrôlés par la bureaucratie du PT réclament des « élections anticipées », au lieu de combattre pour chasser Temer par la mobilisation ouvrière et pour mettre en échec ses réformes réactionnaires.

Face à ce tableau, le Courant Socialiste des Travailleurs (CST) courant interne du PSOL et section officielle de l’UIT-QI, a publié le 22 mai une déclaration dont nous présentons ici des extraits :

Que les centrales syndicales appellent à une nouvelle grève générale !

« Une grève générale puissante a secoué le pays le 28 avril, contre les réformes de la sécurité sociale, du travail et la sous-traitance et pour chasser Temer. La grève générale a été précédée de grandes manifestations les 8, 15 et 31 mars, qui ont mené de nombreuses personnes dans la rues contre le gouvernement et contre ses attaques. La popularité de Temer est tombée à 4 %, ce qui a affaibli les capacités du gouvernement à faire approuver les réformes au Congrès National.

L’avancée des mobilisations a ouvert une crise énorme dans les hautes sphères qui dirigent le pays. L’affaiblissement complet du gouvernement a produit une avancée dans les enquêtes qui ont conduit à l’enregistrement audio de Temer dans lequel il donnait son aval pour que le propriétaire de l’entreprise frigorifique JBS achète le silence d’Eduardo Cunha. Les enregistrements compromettent aussi le PSDB, le principal allié de Temer, et le PMDB. Aécio Neves a été filmé en train de demander 2 millions de Reais (presque 700 000 dollars) au propriétaire de JBS. Face à cette situation d’usure totale du gouvernement, l’impérialisme et la bourgeoisie essaient de trouver une autre sortie pour faire passer les attaques contre les droits de la classe ouvrière et de la population en général […]

Il est nécessaire d’organiser une nouvelle Grève Générale pour la première semaine de juin !

La classe travailleuse, la jeunesse et les mouvements sociaux doivent immédiatement occuper les rues pour renverser Temer et mettre fin aux réformes […] Il est nécessaire d’intensifier les mobilisations et que les centrales syndicales appellent immédiatement à une nouvelle grève générale. Les travailleurs et la jeunesse ne peuvent faire de trêve avec les corrompus qui veulent attaquer les droits historiques conquis de haute lutte […]

La chute de Temer est imminente et ouvre un vide de pouvoir dans le pays. Les partis et les organisations de gauche comme le PSOL, le PSTU, le PCB, le MAIS, l’UP, les mouvements sociaux et les organismes comme le MTST, CSP-Conlutas, l’Intersyndicale, l’Andes-SN, la Fasubra et le Front de Gauche Socialiste ont besoin d’organiser une grande réunion nationale pour débattre de la construction d’une alternative politique, qui s’oppose aussi bien à la vieille droite du PSDB, du PMDB et de ses satellites, qu’aux vieilles directions lulistes du PT et du PCdoB.

Dehors Temer ! Que les centrales syndicales appellent à une grève générale maintenant ! Pour un plan économique alternatif ! Fin des réformes de la sécurité sociale, du travail et de la sous-traitance ! Prison pour tous les corrompus ! Combattre pour un gouvernement de gauche, des travailleurs et du peuple !

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